À Loos, près de Lille, Kuhlmann Europe vient de mettre en service une nouvelle unité de colonnes de chloration, au terme d’un chantier de 35 millions d’euros. Pour ce chimiste bicentenaire spécialisé dans le traitement de l’eau, c’est un cas d’école : remplacer un équipement en fin de vie pour produire davantage, avec moins d’énergie et d’émissions.
Plan de l'article
Que vient de mettre en service Kuhlmann Europe ? #
Selon La Gazette France, l’entreprise a achevé son chantier et démarré sa nouvelle unité de chloration. Elle remplace une installation devenue obsolète et augmente la production de chlorure ferrique, un coagulant utilisé pour rendre l’eau potable et pour traiter les eaux usées. Le site emploie 170 personnes, d’après le journal.
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Le directeur général, Éric Delhuielle, résume l’étape : « Cette mise en service concrétise notre ambition. » L’entreprise y voit un moyen de renforcer la résilience de sa chaîne d’approvisionnement et de mieux servir les grandes métropoles européennes et les clients industriels.
Pourquoi remplacer plutôt que rénover ? #
Les anciennes colonnes avaient une soixantaine d’années, rappelait Le Journal des Entreprises lors de l’annonce du projet, en juillet 2025. À cet âge, un équipement de procédé coûte cher en maintenance, en arrêts et en énergie. Kuhlmann a choisi une reconfiguration complète : deux colonnes anciennes remplacées par trois neuves.
Ce choix illustre une logique bien connue en amélioration continue : quand un goulot d’étranglement est aussi le poste le plus énergivore et le moins fiable, le remplacer agit à la fois sur la capacité, la disponibilité et le coût unitaire. Sur le principe, multiplier les colonnes peut aussi offrir de la souplesse pour planifier la maintenance.
Quelle capacité supplémentaire ?
Lors de l’annonce de 2025, le groupe Tessenderlo, maison mère de Kuhlmann, indiquait que ce renouvellement devait augmenter de 60 000 tonnes par an la production de chlorure ferrique. Dans son article de mise en service, La Gazette France fait état de plus de 70 000 tonnes par an. Les deux chiffres ne sont pas présentés de la même façon, et l’entreprise n’a pas publié de bilan détaillé à ce stade.
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Un investissement pensé avec la décarbonation #
Le projet fait partie d’un plan de 55 millions d’euros engagé en 2025, qui comprend aussi le raccordement du site au réseau très haute tension de RTE, prévu à partir de janvier 2027, et une réorganisation des flux logistiques internes. Kuhlmann annonçait ensuite plus de 20 millions d’euros d’investissements par an pendant cinq ans.
L’objectif affiché est une baisse de 48 % des émissions de CO2 d’ici à 2032. Les leviers cités par Tessenderlo sont classiques mais efficaces : remplacer le gaz naturel par une énergie moins carbonée, récupérer la chaleur, adopter des technologies plus sobres. L’électrification passe par le raccordement haute tension, d’où la cohérence entre les deux projets.
La logistique aussi compte
Le site de Loos, au bord de la Deûle, reçoit environ 95 % de ses matières premières par voie fluviale, ce qui évite environ 1,6 million de kilomètres de transport routier par an selon le groupe. La plupart des clients se trouvent à moins de 500 km. Pour un produit dilué qui « voyage mal », comme le disait Éric Delhuielle au Journal des Entreprises, la proximité est un facteur de performance à part entière.
Ce que les industriels peuvent en retenir #
Le cas Kuhlmann rappelle trois réflexes utiles pour tout responsable de production. D’abord, relier chaque investissement capacitaire à un objectif énergétique : la nouvelle installation doit produire plus et émettre moins par tonne. Ensuite, traiter les équipements très anciens comme des risques, pas seulement comme des coûts : une panne sur un poste unique peut immobiliser toute l’usine.
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Enfin, mesurer le résultat. La vraie question pour les prochains mois sera le rendement réel des nouvelles colonnes : taux de disponibilité, consommation d’énergie par tonne, et capacité effectivement atteinte au regard des 60 000 tonnes annoncées en 2025. C’est sur ces indicateurs que se jugera la réussite du projet.
Questions fréquentes #
À quoi sert le chlorure ferrique ?
C’est un coagulant utilisé pour la potabilisation de l’eau et le traitement des eaux usées dans les stations d’épuration.
Combien Kuhlmann Europe a-t-il investi à Loos ?
35 millions d’euros pour les nouvelles colonnes de chloration, dans un plan global de 55 millions d’euros lancé en 2025.
Quel est l’objectif climatique du site ?
Une réduction de 48 % des émissions de CO2 d’ici à 2032, selon le groupe Tessenderlo.
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